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Saint-Saëns , Camille

Liszt considérait Saint-Saëns comme le plus doué et le plus talen­tueux des composi­teurs de son époque, et Berlioz le jugea comme l’un des meilleurs musiciens de son temps lorsque, membre du jury de l’Expo­sition de 1867, il décerna à Saint- Saëns son prix musical pour Les Noces de Prométhée.

Dès 1876, Eduard Hanslick, critique musical autrichien influent, écrit à propos de Saint-Saëns : « Il y a dans les œuvres de Saint-Saëns de l’esprit, de l’humour, de nombreuses qualités formelles, un élan prononcé, mais surtout, ses compositions révèlent une compétence éminente dans la construction, une facilité extrême à gérer toutes formes d’expressions musicales de manière égale. »

Camille Bellaigue, biographe et critique musical parisien, écri­vait en 1889 : « Si nous devions décrire M. Saint-Saëns en deux mots, ce serait le meilleur musicien de France. Il n’y a personne d’autre qui ne connaisse son métier et son art comme le compositeur d’Henri VIII, qui excelle comme lui dans tous les genres, et qui ait pour ne pas dire plus de génie, autant de talent. » Jean Montargis le place, comme Rameau et Berlioz, parmi les plus grands musiciens que la France ait connus.

Au moment de sa mort, Gabriel Fauré affirmait : « De nombreuses voix ont proclamé Saint-Saëns le plus grand musicien de son temps. Pendant la première moitié de sa longue car­rière, il fut cependant contemporain de Berlioz et de Gounod. Ne serait-il pas plus exact et non moins glorieux de le désigner comme le musicien le plus complet que nous ayons jamais eu, au point qu’on ne puisse trou­ver qu’un exemple similaire chez les grands maîtres d’autrefois ? Son savoir qui ne connaissait pas de limites, sa prestigieuse technique, sa claire et fine sensibilité, sa conscience, la variété et le nombre stupéfiant de ses oeuvres, ne justifient-ils point ce titre qui le rend reconnaissable à tout jamais ? »

Héros de la nation, les Français lui offrent des funérailles monumen­tales le 24 décembre 1921, suivies par des années d’indifférence. Plus tard, le 14 juillet 1930 Arthur Dandelot écrit dans la préface de sa biographie de Saint-Saëns : « Je crois que je dois publier ce livre en ce moment car je trouve que la défaveur, après une période d’exaltation parfois extravagante, dans laquelle se trouve la musique de Saint-Saëns est injuste et exagérée. »

Le tournant fatidique s’est produit dans les années 1970. Le penchant du XXe siècle pour le néo-classicisme et l’objectivité a réussi à déclencher cette renaissance et à le réintroduire. Un nouvel intérêt pour la vie et l’œuvre de Saint-Saëns a commencé avec la renaissance d’une curiosité intellectuelle. Plusieurs thèses de doctorat explorant ses compositions ont commencé dans les années 1970 avec les œuvres pour piano, les symphonies, suivies par la musique de chambre, les œuvres pour orgue, les œuvres concertantes et les chansons. Avant la fin du siècle, au moins cinq nouvelles bio­graphies ont été publiées par James Harding (1965), Michael Stegemann (1988), Brian Rees (1999), Stephen Studd (1999) et Jean Gallois (2004). Un catalogue raisonné de l’ensemble de ses œuvres terminées a été lancé (Sabina Teller Ratner 2002) ainsi qu’un guide de recherche (Timothy S. Flynn 2003). De nouvelles éditions de ses essais sont apparues ainsi que des traductions de ses articles en anglais et dans d’autres langues.

Son éditeur, Durand a produit de nouvelles éditions de ses œuvres en France. Dans d’autres pays comme l’Allemagne, la Hongrie et les États-Unis où les droits d’auteur le permettaient, les publications ont proliféré. Diverses maisons de disques ont créé des œuvres com­plètes ou des œuvres choisies dans un seul genre, par exemple les sym­phonies, les poèmes symphoniques, les œuvres pour piano, les œuvres pour violon, les œuvres pour orgue, les œuvres pour violoncelle, les œuvres concertantes pour violon, les œuvres concertantes pour piano, les collections de musique de chambre, les opéras : Samson et Dalila, Henry VIII, La Princesse jaune, Hélène, Proserpine, Les Barbares, Étienne Marcel, Phryné, les extraits d’Asca­nio, Déjanire, les ballets de Parysatis, Javotte et la musique théâtrale d’An­tigone (1893), Andromaque (1902), La Foi (1909) ainsi que la première musique de film de L’Assassinat du duc de Guise (1908).

En considérant l’œuvre de ce grand musicien, il est important de garder en tête qu’il n’appartient pas à la génération de Debussy et Dukas ni de Fauré et d’Indy, mais plutôt à celle de Bizet, Franck et Massenet, tous nés autour de la même décen­nie. Sa carrière a été l’une des plus longues, des plus actives et des plus enrichissantes de l’histoire musicale, à commencer par son enfance précoce où sa carrière de compositeur commence à l’âge de trois ans. Dès son plus jeune âge, sa facilité et sa mémoire prodigieuse ont impres­sionné Liszt et Wagner.

Lorsque nous évaluons ses réa­lisations, nous sommes marqués par sa profonde connaissance, sa maîtrise technique, sa facilité à se produire dans tous les genres, l’éten­due et l’esprit ouvert de son œuvre et la créativité de son instrumentation.

Sa productivité n’a jamais dimi­nué, et il n’y a aucun genre ni forme qu’il n’ait pas essayé : pièce pour piano, mélodie, sonate, trio, quatuor, quintette, septuor et autres genres de musique de chambre, concertos, symphonies, poèmes symphoniques, cantates, oratorios, opéras, ballets et même musique de film. Il était avant tout un musicien. La musique était le centre de son être et englobait sa vie.

 

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