Cras, Jean

En 1932, le contre-amiral Jean Cras, major général du port de Brest meurt, encore jeune, le 14 septembre. Ainsi s'achève une étonnante et brève carrière, militaire et artistique. Six ans auparavant une œuvre lyrique de Jean Cras, Polyphème, avait été donné à l'Opéra-comique et accueillie par une très bonne critique. Né à Brest en 1879, fils d'un médecin chef de la marine, Jean Cras ne pouvait être que marin en dépit d'une passion précoce pour la musique et la poésie qui lui fut révélée par un ami de lycée, Alfred Droin. Ils ébauchent, sans suite, un drame lyrique en deux actes : Echo. Viennent, l'école navale dont il sort quatrième, et l'embarquement pour un long périple à partir de 1898 : Afrique, Antilles, Amériques. Il en rapporte un trio, évoquant ses escales et intitulé Voyage symbolique ; une messe et des motets. En 1901, fait capital, il rencontre Henri Duparc qui lui consacre trois mois de séances quotidiennes, l'instruisant des lois et techniques de composition, développant son goût de la lecture de grandes œuvres et lui laissant pour viatique les quatuors de Beethoven en format réduit. Il compose en 1927 un Journal de bord à la suite de cette formation. Son activité musicale ne le détourne pas de faire une brillante guerre de 1914. Commandant un torpilleur dans l'Adriatique il est cité à l'Ordre de l'Armée et fait preuve de courage physique en sauvant son timonier tombé à la mer. Dès qu'arrivent des escales, notamment à Brindisi, le compositeur oublie l'officier et se remet à écrire. C'est alors qu'il achève l'orchestration de Polyphème, compose des Danze et Paysages pour piano. En 1918, détente et grâce dans une période sanglante il produit Âmes d'enfants : pièces naïves et mystérieuses pour les six mains de ses enfants, orchestrées ultérieurement. Celui que Duparc appelait : «le fils de mon âme», écrit, à l'instar de son maître, de son père spirituel, des mélodies, de la musique de chambre, des poèmes intimes. Si les pays lointains le fascinent et l'émeuvent en cette France encore coloniale et fière de l'être, il ne recherche point pour autant l'exotisme ou l'effet, mais à restituer un climat ressenti de l'intérieur de lui-même. Cet homme encore jeune, qui chérissait la mer et la musique meurt prématurément alors qu'il avait sans doute vocation d'établir un pont entre l'esthétique française d'avant 1914 et celle des années 1930
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