Chausson, Ernest

(20 janvier 1855 - 10 juin 1899)

Ernest Chausson naît à Paris le 20 janvier 1855. Son père est entrepreneur de travaux publics alors qu’Haussmann ouvre de gigantesques chantiers ; sa mère, fille de notaire. Fils de bourgeois disposant d'une honnête aisance, il est également un enfant de vieux : son père a 51 ans lors de sa naissance. Deux frères morts, en amont et en aval, Ernest est élevé en enfant unique et solitaire puisqu’après un passage de quelques mois dans un collège, ses parents l’en retirent pour confier son éducation à Léon Brethous Lafargue, habitué des cénacles littéraires et artistiques de Paris. Il introduit son élève dans le salon de Madame de Rayssac, vers 1870. Solitaire, Ernest Chausson est sollicité par toutes les formes d’expression artistique : littérature, peinture et dessin, musique qu’il se met à étudier à 15 ans. N’étant point issu d’un milieu artistique, il mène à son terme des études de droit avant de choisir la musique non sans doutes ni hésitations. « Il faut plus de courage pour créer une œuvre d’art que pour passer un examen », écritil. Après une période de cours privés dispensés par Jules Massenet, il le suit au Conservatoire où il découvre également César Frank dont il subit l’influence. Dès 1878 il compose. En Allemagne il découvre la séduction et la puissance de Wagner qui, bon-gré malgré, l’influencera. Il en est très conscient et écrit à un ami en 1888 « Il faut déwagnériser ». Deux ans plus tard, sa remarquable symphonie en Si bémol majeur «montre le chemin qui lui reste à parcourir pour y parvenir». Avec le très original Poème opus 20, il trouve enfin son esthétique en 1896. Comme tout compositeur de sa génération il se doit d’écrire un opéra. Composer le Roi Arthus, dont il rédige le livret, lui prend dix ans. Dans la même période est en gestation le Poème de l’Amour et de la mer (op. 19), émouvante synthèse de ses dons d’orchestrateur et de mélodiste. Plus Chausson avance en âge, plus il trouve sa voie et sa voix, dramatique et lyrique bien qu’affranchie du romantisme. La Chanson perpétuelle qui est son chant du cygne, est créée au Havre en janvier 1899, moins de six mois avant qu’il ne succombe d’un accident de bicyclette. D’où vient donc la sourde et profonde mélancolie de cet artiste doué et, selon des critères extérieurs, heureux et riche, ayant une aimable femme et d’excellents amis ? C’est le mystère et le secret qui entourent cet homme pondéré et son œuvre très souvent poignante, violente parfois. Philippe LETHEL

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