Sauguet, Henri

Sans forcer les mots ni les dates, Henri Sauguet peut être véritablement considéré comme un enfant du XXe siècle. Né à Bordeaux, fasciné dès l'enfance par la musique, il doit très jeune travailler comme saute-ruisseau chez un huissier. Auparavant il avait demandé, sans succès, à son père d'entrer au conservatoire. Mais sa passion persiste. Il découvre Debussy avec fascination et lui écrit. Sa lettre arrive le 23 mars 1918, jour de la mort du compositeur. Pour ce très jeune homme le choc Debussy est sans doute comparable à celui que ressentirent ses aînés en écoutant Wagner. Après avoir travaillé comme il pouvait, à Bordeaux puis à Montauban où Joseph Canteloube le forme, il entre en contact avec Darius Milhaud qui l'invite à Paris et lui fait découvrir le Pierrot lunaire, le Bœuf sur le toit, les ballets suédois, Cocteau. Ainsi commence une étonnante carrière musicale et mondaine. Rusant avec sa famille, Henri monte à Paris comme sténo-dactylo et, renonçant au nom de son père, Poupard, adopte celui de sa mère : Sauguet. Très vite, il connaît Max Jacob, André Désormières, Kœchlin qui parfait sa formation, Eric Satie. En telle compagnie, il est vite connu et Madame Bériza lui commande un opéra : Le Plumet du colonel qui, après d'inquiétantes répétitions, réussit. Les salons d'Etienne de Beaumont et de Léonide de Massine s'ouvrent. Serge de Diaghilev lui commande un ballet la Chatte; Ida Rubinstein un autre : David. A partir de ce moment Sauguet est porté par ce milieu cultivé. Intuitif et rapide, curieux de tout – il s'intéresse même à la musique concrète – il s'adapte avec souplesse à la demande, à l'air du temps, ce que lui reprocheront ses austères cadets. Vingt-six ballets, plusieurs symphonies dont une Expiatoire après la seconde guerre mondiale, un grand opéra La Chartreuse de Parme; de très nombreuses mélodies et pièces de musique de chambre : l'œuvre de Sauguet est l'une des plus ample de sa génération, surtout si l'on y ajoute les musiques de films et les pièces religieuses. La facilité et le succès, la réussite et les honneurs ne sont pas nécessai-rement des défauts. Henri Sauguet reste à découvrir ou à redécouvrir. Lorsque, parlant avec admiration de Louis Jouvet il dit : «Je suis devenu “son” musicien comme on était autrefois le musicien d'un prince ou d'un évêque» ne définit-il pas une carrière qui eût ses lettres de noblesse ?
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