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Joan Magrané Figuera -

Joan Magrané Figuera - "Wanders Nachtlied II"

La jeune génération à laquelle vous appartenez a développé un vif intérêt pour la voix. Votre catalogue comprend déjà plusieurs œuvres vocales et vous vous apprêtez à en créer une nouvelle pour l'Ensemble Musicatreize. Pourriez-vous nous expliquer ce qui, dans votre cas, vous a porté à développer cet intérêt pour le chant ?

Cela fait longtemps que, en tant que compositeur et amateur, je suis très intéressé par tout ce qui concerne le côté expressif de la musique qui est, je crois, son côté le plus libre et le plus vivant et en définitive, son côté le plus humain. Et, c'est évident qu’il n'y a aucun instrument plus humain que la voix, un instrument intimement lié à nous-mêmes. Et plus spécifiquement je suis intéressé par la voix chantée et, plus précisément (dû à mon amour —c'est à dire, mon intérêt et mon respect— pour la polyphonie franco-flamande) par les voix chantées, l’ensemble de voix.

—Vous avez choisi de mettre en musique à cette occasion un texte d'un « contemporain » de Beethoven, certes son aîné de quelques décennies, et pas n'importe lequel, Goethe. Pourquoi ? Quelles qualités du second Wanderer Nachtlied vous ont attirées ?

De la même façon que je parlais du côté humain de la musique, c’est exactement cet aspect qui m'intéresse dans la poésie et dans toute autre forme d'art. La figure et l'œuvre de Goethe sont, dans ce sens, exemplaires et paradigmatiques. En plus, il fait référence dans ce petit poème nocturne, au grand thème de la position de l'homme face à la nature, une position essentielle que dans notre contemporanéité nous oublions et négligeons souvent d'une façon, je pense, très irresponsable. La chanson de Schubert, un des compositeurs qui me touche le plus, utilise ce poème aussi et ainsi que la version (si austère, si émouvante, si intelligente) de Liszt qui me fascine depuis longtemps.

—Quel rôle joue la fameuse Bagatelle dite de la "Lettre à Elise" dans la forme de l'œuvre ? Comment la traitez-vous ?

Ma pièce s'articule autour de la note "la". C’est à partir d’un "la" initial et solitaire que toute une lente polyphonie à 8 voix se déploie. Les six premières notes de la célèbre bagatelle de Beethoven s'entendent, jouées toutes ensemble sous forme d'accord, quand le poème fait référence aux oiseaux juste au milieu de la structure. Après un climax, tout se ferme aussi peu à peu sur la note "la", de la même façon que dans la pièce beethovenienne. Bref, ma pièce est une sorte d'arche qui réserve la partie centrale pour y faire résonner en forme d'harmonie les notes de génie de Bonn.

—Parlez-nous de votre projet pour l'Ensemble Intercontemporain. Où en êtes-vous dans l'écriture de ce projet ? Comment se passe le travail avec la plasticienne Julie Beauvais ? Quel est le calendrier ?

Ce n'est pas encore un projet public et pour cette raison je ne peux pas trop en parler. Mais c'est un grand projet sur lequel nous réfléchissons depuis quelques années et je suis sur le point d'écrire la première note sur la partition. Si tout se passe bien il verra la lumière les premiers mois de la saison 21/22...

— La jeune génération à laquelle vous appartenez a développé un vif intérêt pour la voix. Votre catalogue comprend déjà plusieurs œuvres vocales et vous vous apprêtez à en créer une nouvelle pour l'Ensemble Musicatreize. Pourriez-vous nous expliquer ce qui, dans votre cas, vous a porté à développer cet intérêt pour le chant ?

Cela fait longtemps que, en tant que compositeur et amateur, je suis très intéressé par tout ce qui concerne le côté expressif de la musique qui est, je crois, son côté le plus libre et le plus vivant et en définitive, son côté le plus humain. Et, c'est évident qu’il n'y a aucun instrument plus humain que la voix, un instrument intimement lié à nous-mêmes. Et plus spécifiquement je suis intéressé par la voix chantée et, plus précisément (dû à mon amour —c'est à dire, mon intérêt et mon respect— pour la polyphonie franco-flamande) par les voix chantées, l’ensemble de voix.

— Vous avez choisi de mettre en musique à cette occasion un texte d'un « contemporain » de Beethoven, certes son aîné de quelques décennies, et pas n'importe lequel, Goethe. Pourquoi ? Quelles qualités du second Wanderer Nachtlied vous ont attirées ?

De la même façon que je parlais du côté humain de la musique, c’est exactement cet aspect qui m'intéresse dans la poésie et dans toute autre forme d'art. La figure et l'œuvre de Goethe sont, dans ce sens, exemplaires et paradigmatiques. En plus, il fait référence dans ce petit poème nocturne, au grand thème de la position de l'homme face à la nature, une position essentielle que dans notre contemporanéité nous oublions et négligeons souvent d'une façon, je pense, très irresponsable. La chanson de Schubert, un des compositeurs qui me touche le plus, utilise ce poème aussi et ainsi que la version (si austère, si émouvante, si intelligente) de Liszt qui me fascine depuis longtemps.

— Quel rôle joue la fameuse Bagatelle dite de la "Lettre à Elise" dans la forme de l'œuvre ? Comment la traitez-vous ?

Ma pièce s'articule autour de la note "la". C’est à partir d’un "la" initial et solitaire que toute une lente polyphonie à 8 voix se déploie. Les six premières notes de la célèbre bagatelle de Beethoven s'entendent, jouées toutes ensemble sous forme d'accord, quand le poème fait référence aux oiseaux juste au milieu de la structure. Après un climax, tout se ferme aussi peu à peu sur la note "la", de la même façon que dans la pièce beethovenienne. Bref, ma pièce est une sorte d'arche qui réserve la partie centrale pour y faire résonner en forme d'harmonie les notes de génie de Bonn.

—Parlez-nous de votre projet pour l'Ensemble Intercontemporain. Où en êtes-vous dans l'écriture de ce projet ? Comment se passe le travail avec la plasticienne Julie Beauvais ? Quel est le calendrier ?

Ce n'est pas encore un projet public et pour cette raison je ne peux pas trop en parler. Mais c'est un grand projet sur lequel nous réfléchissons depuis quelques années et je suis sur le point d'écrire la première note sur la partition. Si tout se passe bien il verra la lumière les premiers mois de la saison 21/22 ...

 
Joan Magrané Figuera - « Wanderer Nachtlied II » 
Pour 8 voix et accordéon
Création mondiale : 6 novembre 2020 - 20h30 - Annulé
Pole culturel Chabran, Draguignan
Ensemble Musicatreize
Jean-Etienne Sotty, accordéon 
Roland Hayrabedian, direction


21 novembre 2020
Philharmonie de Paris (Le Studio) - Annulé
Ensemble Musicatreize
Jean-Etienne Sotty, accordéon 
Roland Hayrabedian, direction
Plus d'informations...

 

6 décembre 2020
Opéra de Marseille, foyer - Annulé
Ensemble Musicatreize
Jean-Etienne Sotty, accordéon 
Roland Hayrabedian, direction

6 décembre 2020
La Courroie, Entraigues - Annulé

Ensemble Musicatreize
Jean-Etienne Sotty, accordéon 
Roland Hayrabedian, direction



18 mai 2021
Théâtre de Cournouaille, Quimper

Ensemble Musicatreize
Jean-Etienne Sotty, accordéon 
Roland Hayrabedian, direction

 

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Photo 
Joan Magrané Figuera  © Carles Fargas 

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