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Benjamin Attahir -

Benjamin Attahir - "117:2c"

C’est de nouveau à la Halle aux grains, le fief d’un orchestre du Capitole de Toulouse dans une forme olympique depuis plusieurs années que l’on aura l’opportunité de découvrir 117:2c, la pièce que Benjamin Attahir dédie à la phalange et à son chef Tugan Sokhiev. Une occasion de premier choix pour revenir avec le jeune compositeur français désormais présent dans les meilleures salles de concert dans le monde, sur son compagnonnage « historique » avec l’orchestre toulousain. 

 

117:2c, qui sera créé le 31 mars prochain, est votre quatrième œuvre originale pour l'Orchestre National du Capitole de Toulouse et la troisième création mondiale par Tugan Sokhiev. Cette fidélité est exceptionnelle dans le paysage musical français où, en général, un compositeur est en résidence pendant un ou deux ans, puis on passe au suivant. Quels facteurs expliquent cette situation singulière et si vertueuse ?

Avant tout, il y a eu cette première chance que l'on m'a donnée en 2013, grâce à mon ami Olivier Stankiewiecz, alors hautbois solo de l'orchestre, qui a proposé que j'écrive un concerto pour son instrument. Dès lors, il y a eu comme une entente immédiate avec l'orchestre, une connivence rare, chose très touchante pour moi étant toulousain de naissance. Puis, leur directeur général Thierry d'Argoubet (à qui 117:2c est dédiée) a décidé de me faire confiance année après année me permettant de tisser un lien avec les musiciens et le public. Pour répondre à votre question, je dirais que c'est justement parce que je ne suis pas en résidence que l'on a pu créer cette relation à long terme, basée sur une profonde entente artistique et humaine. Chaque concert avec l'Orchestre du Capitole c'est un peu un retour à la maison. Je dois aussi dire que ce sont ces musiciens qui presque vingt ans plus tôt m'ont insufflé l'amour de la musique, tant en formation symphonique que dans la fosse du théâtre. C'est à eux que je dois ma vocation. 

En quoi l'écriture de la pièce a-t-elle été influencée par votre connaissance intime de la phalange, de ses instrumentistes, et bien entendu de son chef ?

Pour la première fois, j'ai choisi de ne pas écrire pour l'effectif complet mais plutôt de me concentrer sur ce qui fait le noyau de la sonorité d'orchestre. Cette pièce - modeste par sa durée – n'emploie que les pupitres de cordes dont la virtuosité est mise à rude épreuve. Le quintette (violons 1, violons 2, altos, violoncelles et contrebasses) n'est jamais divisé et chaque groupe mène une sorte de course à l'abîme. La tension ne se relâche seulement dans les toutes dernières mesures. Cette petite ouverture de concert est comme un défi lancé à ces musiciens que j'admire. Nul doute que leur chef se prêtera au jeu ! 

Vous attribuez toujours à vos œuvres ses titres particulièrement suggestifs. Il me semble cependant que c'est la première fois que vous citez littéralement un verset du Coran, et sans doute un des plus significatifs. S'agit-il d'une musique à programme pour autant ? 

117:2c n'est ni un verset du Coran ni de la Bible ; mais c'est bien le trouble que je voulais créer à la lecture de ce titre. Ne rien donner de plus qu'un nombre et une lettre, cela me plait beaucoup comme mise en situation d'écoute. L'on ne sait pas réellement à quoi s'attendre. Qui sait, certains auront peut-être la puce à l'oreille ? Il faudrait aller chercher plus vers l'Allemagne romantique, voilà mon indice... 

 

 

Création mondiale

31 mars 2020, Orchestre National du Capitol de Toulouse, Orféon Donostiarra (chœur), José Antonio Sainz Alfaro (direction-chœur), Tugan Sokhiev (dir.), Halles aux Grains (Toulouse)

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