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Michel Tabachnik Benjamin dernière nuit à Lyon

Michel Tabachnik Benjamin dernière nuit à Lyon


Tabachnik,MichelC’est le fruit de la rencontre entre le compositeur et chef d’orchestre Michel Tabachnik et l’écrivain Régis Debray. Avec la complicité de l’Opéra de Lyon et de son directeur Serge Dorny, ce duo livre un opéra intitulé Benjamin, dernière nuit, nous plongeant entre rêves et réalité dans la vie de Walter Benjamin. D’une grande diversité esthétique, cet opéra fait écho aux influences artistiques, culturelles du philosophe. La mise en scène a été confiée à John Fulljames et la direction musicale à Bernhard Kontarsky, spécialiste de la musique contemporaine.

Benjamin, dernière nuit raconte la solitude d’un réfugié pourchassé par les nazis. A la fois philosophe, critique d’art et traducteur, proche d’Adorno, Brecht et Hannah Arendt, Walter Benjamin est une personnalité riche mais insaisissable. Nous sommes en 1940, il vient d’arriver à Portbou, un village frontalier en Catalogne, accomplissant enfin le conseil de ses amis de partir à l’étranger. Dans sa misérable chambre d’hôtel, il revoit sa vie en une série de flash-back sur son parcours, ses rencontres, ses regrets… Le désespoir l’envahit en apprenant qu’une loi pourrait le renvoyer en France. Il se suicide. La loi ne sera jamais appliquée.

L’Opéra de Lyon passe commande d’un opéra à deux grandes personnalités. Régis Debray, ancien compagnon de lutte de Che Guevara et conseiller du président Mitterrand, se consacre désormais à une interrogation fondamentale sur notre société, notamment sur le rôle de la communication. Chef d’orchestre réputé, proche de Pierre Boulez, Michel Tabachnik est aussi un compositeur exigeant. Ils se retrouvent ici pour évoquer la personnalité d’un homme fascinant mais contesté. Par la variété de ses angles de lecture, la pensée de Benjamin en dérange plus d’un. La grande diversité de ses travaux, son refus de servir docilement une quelconque école, lui valurent bien des déboires. Sa vie sera celle d’un exilé intérieur avant que l’arrivée au pouvoir des nazis ne le transforme en fugitif. On le retrouve à l’opéra à la fin d’une fuite épuisante, le livret proposant quelques saisissants retours sur son existence. Sa personnalité se densifie à mesure que le héros se fragilise dans la réalité.

L’opéra n’est donc pas un débat d’idées : il nous décrit des rencontres, mais les idées émergent de ces conversations. C’est dire si le spectacle exige un sens aiguisé de la narration. Une qualité dont John Fulljames a fait montre dans ses deux précédentes productions lyonnaises : Von heute auf morgen de Schoenberg et Sancta Suzanna d’Hindemith. Cet associate-director du Royal Opera Covent Garden sera entouré par l’équipe du récent Cœur de chien de Raskatov : décors de Michael Levine, costumes de Christina Cunningham, vidéo de Finn Ross. Invité régulier à l’Opéra de Lyon, Bernhard Kontarsky, spécialiste du répertoire d’aujourd’hui, sera au pupitre de cette création mondiale.

Interview de Michel Tabachnik sur son oeuvre 

Sur le site de l'Opéra de Lyon

Dossier de presse

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