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Éric Montalbetti, Eclair physionomique

Éric Montalbetti, Eclair physionomique

« Ayant invité ses élèves à composer un tableau à partir d’un cercle et d’un trait, mais déçu de leurs juxtapositions stériles, Klee explique que la rencontre du cercle et du trait ne peut pas laisser chaque figure inchangée : le cercle sera nécessairement déformé par l’irruption du trait, qui lui même se brisera en zig-zag : c’est ainsi que Klee compose un visage, dans une saisissante lumière d’orage.

Cette leçon du Bauhaus a été pour moi le point de départ d’une sorte d’allégorie de l’amitié. On peut lire la partition comme essentiellement bi-thématique – une figure circulaire plutôt modale, un peu refermée sur elle-même, opposée à un trait très dynamique de nature plus chromatique voire sérielle - pour composer au final une figure plus riche et complexe.

La forme tend en effet à dire quelque chose de la richesse produite par la rencontre de deux êtres, non pas fusionnels comme dans Vaste champ temporel à vivre joyeusement où il était question d’amour, mais toujours bien distincts, grandis par leurs rencontres et parcours respectifs.

 C’est tout autant, comme je crois le voir chez Paul Klee, un autoportrait à visée universelle et une métaphore du travail de création, oscillant entre les deux versants de notre être, qui contemple et qui désire, qui accepte et qui refuse, qui construit et qui détruit, qui subit et qui agit, qui dort et qui vit : chacun pris entre le désir de plénitude dans la forme parfaite du cercle, et le besoin d’action, d’agitation bien vivante dans la fulgurance du trait, au risque de sa propre vie. C’est à dire à la fois le besoin d’équilibre, et le besoin de contraste. Le cercle, autocentré, refermé sur lui-même, a besoin de se sentir traversé par ce que les traits peuvent lui apporter, tout comme le trait a besoin de l’épaisseur, voire de la résistance ou de la contradiction des cercles, pour trouver lui aussi in fine son plein épanouissement.

L’œuvre est dédiée à Monsieur Marc Monnet. »

 Éric Montalbetti

Ils en parlent dans la presse : 

« Excellente prestation de l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo dans la création d’Eclair physionomique, fantaisie symphonique après Paul Klee d’Éric Montalbetti (né en 1968) : une partition scintillante de couleurs aux éclats hérités de Messiaen et Dutilleux ».

(Bruno Serrou, La Croix 30/03/3018)

Festival Printemps des Arts - 24 mars 2018

Création par l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo sous la direction de Kazuki Yamada à l’Auditorium Rainier III (Monte Carlo - Monaco)

Voir le reportage vidéo sur la création d'Eclair physionomique au JT de Monaco Info :

 Article mis à jour la 22/05/2018

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