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Attahir, "Al Asr" par le quatuor Arod Attahir,

Posté par Durand Salabert Eschig le 29 septembre 2017

CRÉATION DE "AL ASR" DE BENJAMIN ATTAHIR PAR LE QUATUOR AROD

Après le grand succès de la création d’Al Fajr à Berlin par le Boulez Ensemble et Daniel Barenboïm, c’est le Quatuor Arod qui donnera, le 2 octobre au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris, la première de Al Asr, second volet du cycle Salah, érigé jusqu’en 2019 par Benjamin Attahir. 

 
Interview de Benjamin Attahir
 
Cette rentrée est très active vous concernant avec, en plus de la création d’Al Fajr par Daniel Barenboim à la Boulez Saal, la première d’un Quatuor à cordes composé pour le Quatuor Arod. Quel défi représente l’écriture d’un Quatuor ? Est-ce que tout ou presque a été dit pour cette formation à l’ordonnancement presque parfait ? Quels sont vos références pour ce genre « noble » ? La référence, dans la partition, à l’oud et certaines lignes « vocales » tels des mélismes méditerranéens implique-t-elle une référence orientale ?

Je dois bien avouer que le genre du Quatuor à cordes, de par l'héritage que nous laissent nos ainés :  de Haydn jusqu'à Dutilleux, Ligeti ou encore Dusapin, peut-être assez « paralysant » pour un jeune compositeur. Pour pallier cette angoisse, j'ai essayé de créer un objet des plus compact et unitaire qu'il soit. Aussi le quatuor est traité comme un seul instrument, renouant ainsi avec la colonne vertébrale de mon écriture : la monodie ornementée, librement inspirée par les musiques du Proche-Orient.    

Que pensez-vous du Sourate 103 sur le Temps ?

Al Asr est la prière de l'après-midi. J'ai tenté de retranscrire musicalement l'atmosphère de ce moment précis de la journée. Lumière crue, chaleur écrasante, irisation de l'air au contact de la surface du sol ; autant d'images qui m'ont accompagnées lors de l'écriture de cette pièce. Mais Al Asr c'est aussi la 103ème Sourate du Coran, qui traite du Temps et du devenir des êtres. La structure en trois versets a dicté la forme de ce Quatuor sans pour autant que le texte sacré soit placé en exergue. C'est toujours l'aspect poétique et allégorique qui a guidé mon travail.

Quels sont vos prochains projets ?

Je travaille actuellement à Adh Dhorh, la seconde pièce du cycle que nous venons d'évoquer, pour mon ami Patrick Wibart au serpent, accompagné par l'Orchestre National de Lille qui sera créé en janvier prochain sous la direction d’Alexandre Bloch. Ensuite j'écrirai un double monologue féminin en partenariat avec le Théâtre Liyuan de Quanzhou et la Philharmonie de Paris, double rencontre entre un ensemble de musiciens chinois et un ensemble occidental une chanteuse-comédienne de l'opéra chinois du Sud et la soprane portugaise Raquel Camarinha.
Pour les projets un peu plus lointains, j'aurai le bonheur de retrouver Renaud Capuçon autour d'un Concerto pour violon – quatrième pièce du cycle – Al Maghrib ; puis je me plongerai dans l'univers de Maeterlinck pour un Opéra autour des Trois petits drames pour marionnettes   dont je dirigerai la création à La Monnaie de Bruxelles (septembre 2019).
 

Interview du Quatuor Arod

 
Quelle est la genèse du projet ? Comment fut érigée cette collaboration?

Le projet a trouvé ses origines il y a un an, lorsque l'idée de faire notre première commande à muri dans notre esprit. En nous penchant sur les compositeurs actuels, le choix de Benjamin a été une évidence. Camarades de conservatoire depuis longtemps, nous avions suivi son évolution d'un œil attentif et étions déjà très impressionnés par son style. Son écriture nous touche car elle mélange les influences, les couleurs, comporte des envolées romantiques et des passages très rythmiques, presque folkloriques, qui sont extrêmement jouissifs à jouer.

Quel regard portez-vous sur ce nouvel opus de Benjamin Attahir ? Quelle griffe percevez-vous ? Entendez-vous quelques influences ou références ?

Cette pièce s'inscrit dans un cycle plus large basé sur la prière musulmane et l'appel du muezzin. Des inspirations musulmanes qui font toute la particularité de ce quatuor et plus largement de la musique de Benjamin. C'est aussi ce qui nous a poussé à faire appel à lui : nous plonger dans un univers assez méconnu pour nous, nous faire voyager et faire voyager le public !

Quels sont vos attentes concernant la création contemporaine ?


C'est ce que nous cherchons dans la musique contemporaine : de fortes personnalités qui nous emmènent dans leur univers. Et celui de Benjamin est assez vaste pour que nous l'explorions encore longtemps.
 
 
Août/Septembre 2017
 
Dates des concerts : 

 

05 oct. Théâtre de Coulommiers - Coulommiers
17 oct. Kammermusiksaal Deutschlandfunk Koeln - Cologne
19 oct. Staatstheater Darmstadt - Darmstadt
29 oct. Festival Pornic Classic - Pornic
21 nov. Mozarteum Salzbourg - Salzbourg
06 déc. Arsenal de Metz - Metz
13 déc. Salvia Hall - Yokohama
14 déc. Oji Hall - Tokyo
15 déc. Ensemble Hall Murata - Kyoto
28 janv. Fonda on Calouste Gulbenkian - Lisbonne
27 févr. De Harmonie - Leeuwarden
28 févr. Bozar - Bruxelles
07 mars Centre des Arts Pluriels Ettelbruck - Ettelbruck
14 mars. Concertgebouw - Amsterdam
11 avr. Opéra de Lille - Lille
16 avr. Tonhalle - Zürich
10 juin Collégiale - Gerberoy
 

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